
Tous droits réservés @d.torrente et @adagp Paris
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En face, les riches heures ou l'éclat de vos mains, à droite, Vestiges, Exposition Médium Textile, galerie Valérie Delaunay, 2022 @Y; Sabourin. https://www.valeriedelaunay.com/_files/ugd/0e22dd_87ff41e9b7f04447b18883345be595c5.pdf |
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Expositions référencées au Centre national des Arts Plastiques : https://www.cnap.fr/annuaire/personne/dominique-torrente |
FOCUS
► OEUVRES medium TEXTILE ET MÉTISSAGE
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DÉMARCHE
Mon univers artistique récent s'ouvre encore davantage à la fibre. Je me souviens de mon enfance, quand ma mère, excellente couturière, s’installait dans la salle à manger, avec tout son matériel. Je côtoyais cette matière aux diverses textures, couleurs, motifs et Je me revois, assise au milieu de ces teintes et matières flamboyantes, (coton, soie, popeline de coton, velours, viscose, velours etc…) écoutant le ronron de la machine à coudre, un livre à la main. Je me sentais sous la protection des couleurs et des mots, et aussi, comme nous n’échangions guère, je se sentais profondément reliée à sa mère. Comme j’aimais beaucoup dessiner, peindre, c’est tout naturellement que j’ai intégré l’École des Beaux-Arts de Saint-Étienne, et ensuite l’Université d’Arts Plastiques de Paris1 Sorbonne. Une autre de mes passions est la littérature. Aussi, très vite, j’ai intégré le fil dans mes différentes œuvres, et quelques années plus tard, la fibre entrait davantage dans mon œuvre, et je construisais des hybridations et des métissages entre Texte et Textile, mots qui en français ont la même origine étymologique, texerer, tisser ; qui renvoie à la fabrique d’un tissu, mais aussi à l’entrelacement. Au fil de ma réflexion, je pense que cette filiation vient de ma relation en tant que lectrice, aux mots de l’autrice ou du romancier. Le roman, l'histoire, ce que j'en retiens sont importants bien sur, mais je me suis toujours questionnée sur comment, moi, lectrice, j’aborde le livre, comment je m’introduit dans l’écriture et la pensée du texte, comment je savoure, ou détourne l’idée, crochète un mot, corne une page, revient en arrière, souligne une phrase, saute deux pages… ; une lecture, une gestuelle et des effets assez étranges. Nombre d’autrices et d'auteurs, philosophes, poètes, médecins, sociologues, psychanalistes ont analysé ces processus, ces affects et ces tissages, entre le lecteur et le texte écrit, comme l’ont énoncé Umberto Ecco, Colette, Antoine Compagnon, Roland Barthes, et bien d’autres… si l’on ajoute les concepts nouveaux énoncés par Julia Kristeva pour penser « le geste littéraire », ou « la chair des mots », je crois que je pose assez bien les choix et affinités qui construisent en partie mon univers artistique. Les artistes qui m'ont influencés sont souvent cités dans les pages de mon site, mais je peux nommer ici Louise Bourgeois, Annette Méssager, Hanne Darboven, les artistes du groupe Support-Surface, Frida Kalho, Sarkis, Tinguely, etc... Le fil se coud, se brode, se tisse, se tend, se tord, contourne le vide (dans la dentelle) s’ajuste, se déchire, se relie. Et un grand nombre d’expressions viennent de cet univers – au fil du temps, dans le droit fil, avoir un fil à la patte, être sur le fil du rasoir, avoir du fil à retordre…Pour moi, la fibre est une matière polysémique extraordinaite. Je peux aussi bien construire des oeuvres minimalistes, conceptuelles (voir la série PICTURA) que des oeuvres dans lesquelles la matière déborde, envahie, s'inscruste pastout ; aussi bien dans les grandes installations, que des les dessins, les objets réalisés ou autres constructions. Il me semble que toute mon œuvre se trouve également re-lier à des préoccupations concernant l’intime, le poétique, l’écrit, la femmes, l’actualité, l’environnement. Dominique Torrente |